Art. 0012 Rév. 1836 Danger : phototoxique

Berce de Perse

Sommaire
  1. Taxonomie
  2. Description
  3. Golpar
  4. Histoire en Europe
  5. Écologie
  6. Santé
  7. Lutte et droit
  8. Dans la culture
  9. Voir aussi
  10. Références

« Palmier de Tromsø » redirige ici. Pour le prix de cinéma, voir § Dans la culture. Pour les berces géantes en général, voir Berce du Caucase.

La berce de Perse (Heracleum persicum) est une haute berce vivace indigène d’Iran et des régions voisines de Turquie et d’Irak. En Iran, ses fruits séchés sont l’épice golpar. En Norvège, où elle arriva comme plante de jardin au dix-neuvième siècle, c’est le palmier de Tromsø (norvégien tromsøpalme) : emblème officieux de la ville de Tromsø, et espèce exotique à risque très élevé dont l’importation, la mise en liberté et la vente sont interdites.123 À la différence des deux autres berces géantes invasives en Europe, qui meurent après une seule floraison, elle fleurit année après année sur la même racine.45

Les deux pays valorisent la plante en sens opposés. En Iran, le golpar est récolté à l’état sauvage et vendu sur les marchés d’herbes, et la Fondation Slow Food l’inscrit parmi les aliments menacés de disparition, citant le déclin des populations sauvages.67 Dans le nord de la Norvège, elle borde routes, rivages et terrains vagues,2 et l’évaluation nationale des risques de 2018 n’y a trouvé aucune possibilité de s’en débarrasser avant la fin de l’interglaciaire actuel.8 Les fruits importés d’Iran se vendent dans les épiceries de l’immigration en Norvège comme épice, à un prix qui, selon l’Artsdatabanken, rend improbable que quiconque les sème.2

Taxonomie

Le nom

Le nom Heracleum persicum apparut pour la première fois en 1832, dans un supplément au catalogue du jardin botanique de Paris, comme une simple mention donnant pour seule information l’origine perse de la plante.910 Il fut validement publié en 1841 par F. E. L. Fischer, C. A. Meyer et J. L. E. Avé-Lallemant, dans la liste des graines que le Jardin botanique impérial de Saint-Pétersbourg proposait à d’autres jardins en échange.911 Leur description latine parle d’une plante très spectaculaire, haute d’environ une toise, aux pétioles couleur foie et aux fruits très grands, collants et fortement parfumés ; la graine avait été envoyée par le collecteur Szovits depuis la province d’Azerbaïdjan, dans le nord de la Perse.11 Le nom se cite donc H. persicum Desf. ex Fisch., C.A.Mey. & Avé-Lall.9

Plusieurs ouvrages de référence, dont le Best Practice Manual de la berce du Caucase, datent l’espèce de 1829, année de la partie principale du catalogue parisien.512 Le nom n’y figure pas.10

La plante scandinave

Pendant plus d’un siècle, la plante du nord de la Norvège porta d’autres noms. Le visiteur anglais qui la sema près de Hammerfest en 1836 l’appelait Heracleum giganteum ; d’autres l’appelaient H. panaces ; et les flores scandinaves du vingtième siècle utilisaient H. laciniatum, un nom qui appartient en réalité à une autre plante.13414 En 1987, le botaniste D. O. Øvstedal rejeta H. persicum pour la plante de Tromsø, parce qu’elle ne correspondait pas aux spécimens d’herbier turcs.4 Une étude d’ADN des berces invasives d’Europe, en 2007, regroupa les plantes étiquetées H. laciniatum avec H. persicum,12 et la flore nordique de 2010 adopta ce nom.4

L’identification n’est pas tout à fait close. L’ethnobotaniste Torbjørn Alm a laissé ouverte la possibilité d’un hybride non identifié.4 L’Artsdatabanken, le centre norvégien d’information sur la biodiversité, assigne la plante à H. persicum avec une confiance raisonnable, mais relève quelques gènes absents du matériel iranien.2 Un nom proposé pour la seule plante norvégienne, H. tromsoensis, reste non publié.15

Golpar et autres noms

En persan, la plante est golpar (گلپر), et dans les langues régionales d’Iran kolpar (guilaki), kūla(k) (mazandérani) et karso (lori), entre autres.1 Golpar ne désigne pas une seule espèce. L’Encyclopaedia Iranica applique ce nom à au moins cinq berces aromatiques des montagnes humides d’Iran, vendues sous un seul nom parce que leurs usagers ignorent les caractères qui les distinguent.1 La plupart des études alimentaires et pharmacologiques assimilent le golpar à H. persicum.164

Une vingtaine de noms norvégiens ont été relevés. La plupart dérivent du nom latin du genre, comme herakleum, rakleum, orakleum et høyrakel, ou sont empruntés à d’autres ombellifères. Quelques-uns furent forgés pour cette plante : stormtræ, « arbre de tempête », pour les tiges mortes qui tiennent debout durant les tempêtes hivernales ; trois noms péjoratifs évoquant les rats, « graine à rats », « poison à rats » et « herbe à rats » ; et tromsøpalme.4

Le plus ancien relevé écrit de tromsøpalme qu’Alm ait pu trouver figure dans un guide allemand de la flore et de la faune de Norvège, rédigé en 1944 à l’intention des troupes d’occupation, qui indique que les soldats appelaient la plante « Tromsö-Palme ». Alm y voit une plaisanterie de soldats : la réponse de l’affectation arctique aux palmiers de la Méditerranée et de l’Afrique.4 Le nom se répandit en Norvège après la guerre, devint officiel quand la flore norvégienne de référence l’adopta en 1963, et a depuis supplanté la plupart des autres.4 D’autres noms nordiques sont le suédois tromsöloka, le danois hårfrugtet bjørneklo, « berce à fruits velus », le finnois persianjättiputki et le sami du Nord romssaboska.17181915

Description

La berce de Perse est une vivace polycarpique : après avoir fleuri, elle survit et refleurit à partir de la même racine, tandis que la berce du Caucase et la berce de Sosnowsky meurent après une seule floraison.45 Elle atteint généralement 1,5 à 2,5 m, et occasionnellement plus de 4 m.220 Un même collet racinaire peut émettre plusieurs tiges, jusqu’à cinq, creuses et uniformément pourprées à la base. Les feuilles sont pennées, avec deux à quatre paires de larges folioles à dents obtuses, et peuvent atteindre 2 m de long. Les ombelles sont bombées plutôt que planes, larges de 30 à 50 cm.211722 Toute la plante sent l’anis ; l’huile de ses feuilles et de ses tiges est dominée par l’anéthol, le composé qui donne son goût à l’anis.52324

La distinguer de la berce du Caucase
Berce de PerseBerce du Caucase
Tigessouvent plusieurs depuis un colletgénéralement une seule
Couleur de la tigeuniformément pourprée à la basetachetée de pourpre
Hauteursurtout 1,5–2,5 m2–5 m
Ombellesbombéesà sommet plat
Odeuranispas d’anis
Floraisonannée après annéeune fois, puis meurt
D’après Nielsen et al. (2005), Sundberg (2016) et l’OEPP (2026).

L’essentiel des graines est produit par les ombelles terminales. Les ombelles latérales s’ouvrent après que les terminales ont produit leurs graines, et leurs fleurs femelles se flétrissent généralement, les laissant servir de donneuses de pollen, comme le font les ombelles inférieures chez la berce du Caucase.2521 Les estimations de la production de graines d’une plante vont de 1 600–4 000 à 6 000–8 000, en dessous de celle de la berce du Caucase.211422 Les graines ont besoin d’environ deux mois de froid avant de germer,25 et sur un lot récolté dans le nord de la Norvège, seulement 2 % ont germé.21 La question de savoir si la plante se propage aussi par rejets racinaires est disputée : plusieurs sources nordiques décrivent une croissance clonale là où la graine échoue, tandis que l’OEPP affirme qu’elle ne se reproduit pas végétativement.25222

Des courtes journées d’été de Perse, la plante s’est déplacée vers la lumière continue : son aire en Europe s’étend d’environ 51° à 71° N.25 Dans le nord de la Norvège, elle commence à pousser à la fonte des neiges, vers la fin mars, et fleurit de juillet à la fin août.21 Dans les années 1870, elle mûrissait ses fruits même à Vardø, à 70°22′ N, où la température moyenne de juillet est inférieure à 10 °C.4 Les tiges mortes tiennent debout tout l’hiver et font l’objet d’articles dans la presse locale chaque année.4

Les plantes d’Europe portent en moyenne environ 42 % de diversité génétique en moins que celles de l’aire d’origine, et les populations norvégiennes en ont perdu environ la moitié. Les populations norvégiennes n’en sont pas moins les plus abondantes et les plus vigoureuses d’Europe.25

Golpar

Les fruits séchés, amers et aromatiques, sont la partie la plus utilisée. La cuisine iranienne compte le golpar parmi les épices « chaudes » et le saupoudre sur des aliments réputés « froids » et flatulents : fèves, haricots, pommes de terre et graines de grenade. On le mêle aussi au vinaigre où l’on trempe les feuilles de laitue.1 Les jeunes feuilles et pétioles sont mis au vinaigre sous le nom de golpar torši,1 et les graines moulues assaisonnent soupes, omelettes et poissons.7 L’huile des fruits, extraite à 1,6-4,9 % chez les populations iraniennes sauvages, se compose surtout d’esters, en tête le butyrate d’hexyle et l’acétate d’octyle.2627 Leurs proportions varient d’une population à l’autre, et des chercheurs iraniens ont proposé de choisir les plus riches pour la culture.16

Les fruits entiers sont brûlés avec des graines de rue sauvage comme fumigant. Autrefois, on les répandait sur le linceul et dans le cercueil quand un corps devait être porté vers un cimetière lointain, probablement pour masquer l’odeur.1 La médecine populaire utilise le golpar pour la digestion et la douleur, entre bien d’autres usages ; chez le rongeur, l’huile et les extraits du fruit ont montré des effets analgésiques et anti-inflammatoires.128

Le golpar est surtout récolté à l’état sauvage, et sa cueillette et sa vente saisonnières complètent les revenus des villages de montagne. La Fondation Slow Food, qui l’inscrit dans son Arche du goût, rapporte que la demande croissante, la surexploitation et les changements d’usage des terres ont réduit les populations sauvages dans certaines régions.7

Hors d’Iran, l’épice se heurte au droit phytosanitaire. Les inspecteurs américains trouvent souvent du golpar dans les bagages des passagers venus d’Iran et le saisissent comme graine d’une mauvaise herbe nuisible fédérale, classée sous berce du Caucase.2930 En avril 1989, un inspecteur en trouva de grandes quantités en vente dans des épiceries de Los Angeles. Les factures montraient qu’il avait été importé sous son nom persan ; l’importateur aida à le rappeler et à le détruire ; et 35 % de la graine se révéla viable.29 La liste des espèces invasives de l’Union européenne attribue à la berce de Perse, seule parmi les berces, une position douanière pour « marchandises associées » : plantes et parties de plantes utilisées en parfumerie ou en pharmacie.31

Histoire en Europe

Arrivée

Les listes de graines des Royal Botanic Gardens de Kew mentionnent la berce de Perse comme reçue en 1819, le plus ancien relevé de l’espèce en Europe.525

Le 18 juillet 1836, William Christy, un naturaliste anglais qui avait navigué avec l’un des directeurs des mines de cuivre anglaises d’Alta, débarqua sur la presqu’île de Fugleness, en face de Hammerfest. Dans une vieille enceinte qui avait été un cimetière, autour de l’unique tombe encore debout, il sema plusieurs plantes de jardin, des lupins et des pavots de Californie parmi elles, et « l’imposant Heracleum giganteum ».13 Alm considère la graine de Christy, apportée d’Angleterre à une époque où la graine de berce y était largement annoncée, comme la source probable de la plante norvégienne, et lui attribue aussi des semis en d’autres lieux du Finnmark occidental, notamment l’établissement minier de Kåfjord.4 Le récit publié de Christy ne décrit que le semis de Fugleness.13

La plante fut portée d’Alta à Tromsø vers 1850. Dans les années 1860, elle était la favorite des petits jardins côtiers du Finnmark ; en 1895, on la disait pousser presque comme une mauvaise herbe à Sør-Varanger ; et en 1901, la flore de Tromsø la traitait comme établie.4 Les premiers spécimens d’herbier datent de 1897, à Trondheim, et de 1899, à Tromsø.2

Les jardiniers du Nord la plantaient pour l’ornement et pour l’abri. Dans les villages sans arbres de la côte extérieure, elle servait de brise-vent, à Honningsvåg comme haie de 20 à 30 m de long, et en 1898 des rangées d’entre elles entouraient une station baleinière à Skorøya. On la plantait encore dans les cimetières à la fin du vingtième siècle.4 Dans les années 1930, on l’essaya à Tromsø comme fourrage. Les vaches la mangeaient volontiers, mais leur lait en avait le goût, et l’essai fut abandonné.4 Le programme soviétique d’ensilage fondé sur la berce de Sosnowsky rencontra plus tard la même objection, à plus grande échelle.32

Itinéraires

Fig. 1 Itinéraires vers le nord de l'Europe

Deux récits pour une seule arrivée. Les traits pleins suivent la reconstitution génétique, le trait pointillé le récit du voyageur.

Des études génétiques ont révisé le récit. En comparant 578 plantes sur 27 loci microsatellites, Dilli Rijal et ses collègues ont trouvé deux introductions indépendantes depuis l’Iran, très probablement depuis le Mazandéran, près de Téhéran : l’une vers le Danemark et l’une vers l’Angleterre. La Finlande fut colonisée depuis l’Angleterre, et la Norvège depuis la Finlande plutôt que directement depuis l’Angleterre.25 Comme lien entre la Finlande et la Norvège, ils désignent les mines de cuivre de Kåfjord, à Alta, propriété anglaise et, en 1835, le plus grand établissement du Finnmark, qui employait en 1840 651 ouvriers, dont les Finlandais formaient le groupe le plus nombreux.25 Une étude ultérieure a trouvé des introductions multiples depuis des populations sources multiples.33

La tradition populaire avait ses propres explications. Beaucoup, dans le nord de la Norvège, croyaient que la plante était venue de Russie avec le commerce pomor, et à Loppa certains disaient qu’elle venait d’Allemagne ; Alm n’a trouvé aucune preuve d’une origine russe.4 Dans un article ultérieur, il a examiné de tels récits de plantes « introduites par des étrangers » à travers la Norvège, se demandant s’il s’agissait de contes xénophobes.34

Ailleurs en Europe

Hors de Norvège, l’espèce est plus rare. En Finlande, où elle s’était échappée de culture dès 1871, 71 localités étaient connues en 2015. Au Danemark, où la première plante échappée fut trouvée en 1888, elle occupe 2 des 1 300 mailles de l’atlas national.171825 En Suède, où elle fut trouvée pour la première fois en 1935, beaucoup des parcelles du Norrland semblent descendre de plantes norvégiennes semées à Vilhelmina en 1946 ; elle s’y répand peu, peut-être parce que son pollen est souvent stérile.17

Des plantes provisoirement identifiées comme berce du Caucase dans deux parcs londoniens, Kensington Gardens et le parc de Buckingham Palace, se sont révélées génétiquement plus proches de la berce de Perse, de même que des plantes de parc à Riga et Ērgļi, en Lettonie, qui pourraient être des hybrides.12 Aucune population naturalisée n’est connue en Grande-Bretagne.25

Écologie

En Norvège, la berce de Perse pousse sur les bords de route, les terrains vagues, les vieilles prairies et pâtures, les terres agricoles abandonnées et les rivages, où elle peut former des bordures de plusieurs kilomètres derrière les laisses d’algues échouées ; elle gagne de plus en plus les lisières forestières et les bois de bouleaux et d’aulnes, où elle fleurit rarement mais peut persister longtemps à mi-ombre.220 Les fruits ailés voyagent sur de courtes distances par le vent et plus loin par l’eau ou avec les oiseaux. Des parcelles sur des îles sans autres plantes suggèrent que les fruits peuvent flotter des kilomètres en mer et s’échouer encore viables. La circulation les emporte le long des routes, et la terre déplacée transporte à la fois des graines et des morceaux de racine.220

Dans une comparaison de 56 paires de parcelles envahies et non envahies dans le nord de la Norvège, les parcelles envahies avaient un recouvrement, une diversité et une biomasse indigènes plus faibles, avec en moyenne près de deux espèces indigènes de moins.35 Des expériences sous sa canopée ont attribué la perte principalement à l’ombre ; les substances chimiques que la plante libère n’y jouaient qu’un rôle mineur.36 Ses graines contiennent des furocoumarines qui inhibent la germination d’autres plantes.37

En Norvège, elle se croise avec la berce de Sibérie indigène, H. sphondylium subsp. sibiricum. L’hybride, trouvé pour la première fois en 1967 et connu comme le palmier polaire (polarpalme), est fertile et vigoureux, constitue lui-même une plante à problèmes, et fait passer des gènes dans la plante indigène.22517 Voir Berce commune.

L’évaluation norvégienne des risques de 2023
Surface occupée, relevée 1950-20213 532 km²
Surface occupée, estimée aujourd’hui12 000 km² (6 000–18 000)
Surface occupée, estimée dans 50 ans16 000 km² (9 000–24 000)
Vitesse de propagationau moins 500 m par an (meilleure estimation 681 m)
Durée de vie médiane en Norvègeau moins 650 ans
CatégorieSE, risque très élevé (aussi en 2012 et 2018)
Les surfaces sont comptées en mailles de 2 × 2 km. D’après Alm et al. (2023), Artsdatabanken.

Santé

La sève est phototoxique. Des études menées à Tromsø au début des années 1980, sous le nom de H. laciniatum, ont isolé cinq furocoumarines, dont le bergaptène était la plus active. Feuilles et fleurs étaient fortement phototoxiques et les tiges presque pas ; les racines des plantes âgées étaient fortement phototoxiques même déterrées d’un sol gelé en décembre.3839 La phytophotodermatose due à la plante était alors courante à Tromsø en été,40 et deux volontaires des expériences développèrent accidentellement une allergie photocontact à trois de ses composés.41 Dans son aire d’origine, un homme du sud-est de la Turquie développa des brûlures avec cloques après avoir fauché un champ où elle poussait.42

L’Artsdatabanken la juge moins dangereuse à cet égard que plusieurs de ses parentes, relevant que les enfants du Nord ont joué avec elle pendant des années sans dommage notable.2 Alm consigne leurs jeux : sarbacanes taillées dans les tiges creuses, tirant des pois ou des baies de sorbier, qui laissaient des plaies autour de la bouche ; pistolets à eau ; épées ; cachettes dans les parcelles, où l’odeur de la plante couvrait celle du tabac ; et jumelles improvisées qui laissaient des anneaux endoloris autour des yeux.4

Lutte et droit

La Norvège a placé l’espèce sur sa liste noire en 2007 et la classe à risque très élevé depuis 2012. Depuis 2016, son importation, sa mise en liberté et sa vente sont interdites par le règlement sur les organismes exotiques.4323 L’Union européenne l’a ajoutée à sa liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union en 2016.31 La commune de Tromsø la compte parmi les plantes exotiques les plus problématiques : les propriétaires peuvent garder les plantes qu’ils ont, mais ne doivent ni les laisser se répandre, ni en planter de nouvelles, ni en échanger les graines.44

Une étude publiée en 2017 a trouvé que la commune ne luttait contre la plante que sporadiquement, faute de personnel et de budget, dans le cadre de sa fauche de routine des bas-côtés, des parcs et des cimetières. Elle n’avait aucun pouvoir sur les terrains privés, et ses agents ne croyaient pas que la plante puisse être éradiquée de l’île de Tromsø.14 Une enquête menée en 2012 auprès des propriétaires de l’île a trouvé que 38 % pensaient que leurs plantes venaient des parcelles voisines. Interrogés sur ce qu’ils faisaient de ce qu’ils coupaient, 44 % dirent qu’ils le compostaient sur place et 32 % qu’ils le laissaient au sol.14

Les remèdes domestiques ont inclus le pâturage par des moutons au début du printemps, la coupe des tiges florales, le bêchage, et surtout le sel des usines de poisson, parfois bouilli ; on a aussi essayé le fioul, l’essence, le pétrole lampant, le chlorure d’ammonium et le lait suri.4 Faucher deux ou trois fois par saison a échoué dans le nord de la Norvège : les parcelles devenaient plus denses, et certaines plantes fleurissaient quand même.21 Déterrer les plantes sous le point de croissance, chaque année, sur des îles au large de Tromsø, a demandé environ 70 heures de travail par hectare la première année et 3 heures la quatrième (voir Lutte § Coupe de racine).17 Un nématode à kystes qui attaque la plante en Iran a été suggéré pour la lutte biologique mais n’a jamais été testé.2521

Alm a jugé l’éradication inconcevable dans le nord de la Norvège, ne serait-ce qu’en raison du coût.4 L’évaluation nationale de 2018 n’y a trouvé aucune possibilité avant la fin de l’interglaciaire actuel ;8 celle de 2023 a jugé l’éradication locale possible, sur de petites îles par exemple, mais coûteuse et exigeante en main-d’œuvre.2 En 2007, la Direction de la gestion de la nature a accordé 50 000 couronnes à une organisation environnementale pour la campagne contre la plante.43

Dans la culture

À Tromsø, tout le monde connaît la plante, y compris les gens qui ignorent les plantes par ailleurs, et elle est soit aimée soit détestée.4 Certains habitants la considèrent comme un symbole de la ville et une source d’identité locale.14 Le centre d’activités pour personnes âgées de la ville s’appelle Heracleum ; une revue scolaire nommée Tromsøpalmen existe depuis 1990 ; et le Festival international du film de Tromsø décerne des prix du même nom.4 En 2025, le Palmier de Tromsø du meilleur court métrage de son programme « Films du Nord » revint à In My Hand, et un Palmier de Tromsø du meilleur long métrage fut décerné pour la première fois.45

Les tentatives d’éradication ont suscité des lettres dans les journaux qualifiant la plante de partie de l’âme et de l’identité de la ville. Une société de ses amis a été proposée, de même que le remplacement du renne sur les armoiries de la ville par la plante. Certains auteurs nient que la sève fasse le moindre mal, citant des générations d’enfants ayant joué avec elle, et l’un d’eux affirma que la plante était indigène, ayant survécu à l’ère glaciaire dans des grottes de l’île de Tromsø.4 Quand le prince héritier Haakon se maria en 2001, une plante vivante, ou un verre gravé d’une plante, fut suggéré comme cadeau de la ville. Les ombelles figurent dans le dessin du costume traditionnel de Tromsø.414

Les tiges et ombelles mortes sont un sujet favori des photographies hivernales et un motif pour les bijoux et les décorations, et l’on fait des flûtes avec les tiges. Le Musée d’art du nord de la Norvège possède Log, une sculpture de Stuart Frost entièrement faite d’anneaux découpés dans les tiges creuses.4 Les artistes de l’Association des arts de Tromsø ont un jour invité le public à goûter une soupe préparée avec la plante.14

Alm s’est servi de la plante pour soutenir que les sociétés modernes et urbaines continuent de créer des traditions populaires végétales : sa vingtaine de noms et tous ses usages et coutumes sont nés en moins de 180 ans, la plupart après 1900.4

Voir aussi

Footnotes

  1. Aʿlam, H. (2001). “Golpar”. Encyclopædia Iranica. XI (1): 96–97. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7

  2. Alm, T.; Hegre, H.; Solstad, H.; Fløistad, I. S.; Pedersen, O.; Schei, F. H.; Vandvik, V.; Vollering, J.; Westergaard, K. B.; Skarpaas, O. (2023). “Tromsøpalme Heracleum persicum: vurdering av økologisk risiko”. Fremmedartslista 2023. Trondheim: Artsdatabanken. Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13

  3. Klima- og miljødepartementet. Forskrift om fremmede organismer (FOR-2015-06-19-716), Annex I. Lovdata. ↩ ↩2

  4. Alm, T. (2013). “Ethnobotany of Heracleum persicum Desf. ex Fisch., an invasive species in Norway, or how plant names, uses, and other traditions evolve”. Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine. 9: 42. doi:10.1186/1746-4269-9-42. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13 ↩14 ↩15 ↩16 ↩17 ↩18 ↩19 ↩20 ↩21 ↩22 ↩23 ↩24 ↩25 ↩26

  5. Nielsen, C.; Ravn, H. P.; Nentwig, W.; Wade, M., eds. (2005). The Giant Hogweed Best Practice Manual: Guidelines for the management and control of an invasive weed in Europe. Hørsholm: Forest & Landscape Denmark. ISBN 87-7903-209-5. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5

  6. Amiri, M. S.; Joharchi, M. R. (2013). “Ethnobotanical investigation of traditional medicinal plants commercialized in the markets of Mashhad, Iran”. Avicenna Journal of Phytomedicine. 3 (3): 254–271. PMC4075713. ↩

  7. Slow Food Foundation for Biodiversity. “Golpar”. Ark of Taste. Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2 ↩3

  8. Elven, R.; Hegre, H.; Solstad, H.; Pedersen, O.; Pedersen, P. A.; Åsen, P. A.; Vandvik, V. (2018). “Heracleum persicum, vurdering av økologisk risiko”. Fremmedartslista 2018. Artsdatabanken. ↩ ↩2

  9. International Plant Names Index. Heracleum persicum Desf. ex Fisch., C.A.Mey. & Avé-Lall., Index Seminum (St Petersburg) 7: 50 (1841); H. persicum hort. ex Desf., Catalogus Plantarum Horti Regii Parisiensis, ed. 3: 452 (1832). Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2 ↩3

  10. Desfontaines, R. (1829–1832). Catalogus plantarum horti regii parisiensis. 3rd ed., with Additamenta. Paris. ↩ ↩2

  11. Fischer, F. E. L.; Meyer, C. A.; Avé-Lallemant, J. L. E. (1841). Index septimus seminum, quae hortus botanicus imperialis Petropolitanus pro mutua commutatione offert. St Petersburg. p. 50. ↩ ↩2

  12. Jahodová, Š.; Trybush, S.; Pyšek, P.; Wade, M.; Karp, A. (2007). “Invasive species of Heracleum in Europe: an insight into genetic relationships and invasion history”. Diversity and Distributions. 13 (1): 99–114. doi:10.1111/j.1366-9516.2006.00305.x. ↩ ↩2 ↩3

  13. Christy, W., Jun. (1837). “Notes of a voyage to Alten, Hammerfest, &c.”. The Entomological Magazine. 4: 462–483. ↩ ↩2 ↩3

  14. Meier, S.; Taff, G. N.; Aune, J. B.; Eiter, S. (2017). “Regulation of the invasive plant Heracleum persicum by private landowners in Tromsø, Norway”. Invasive Plant Science and Management. 10 (2): 166–179. doi:10.1017/inp.2017.11. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7

  15. Artsdatabanken. Tromsøpalme Heracleum persicum Desf. ex Fisch., C.A.Mey. & Avé-Lall. Taxon page (scientific name ID 100328). Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2

  16. Mustafavi, S. H.; Abbasi, A.; Morshedloo, M. R.; Pateiro, M.; Lorenzo, J. M. (2022). “Essential oil variability in Iranian populations of Heracleum persicum Desf. ex Fischer: a rich source of hexyl butyrate and octyl acetate”. Molecules. 27 (19): 6296. doi:10.3390/molecules27196296. ↩ ↩2

  17. Sundberg, S. (2016). Heracleum persicum – tromsöloka. Artfaktablad. Uppsala: ArtDatabanken, SLU. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6

  18. Miljøstyrelsen (2022). Faktaark for invasive arter: Hårfrugtet bjørneklo (Heracleum persicum). Prepared by DCE, Aarhus University. ↩ ↩2

  19. EPPO Global Database. “Heracleum persicum (HERPE)”. Retrieved 26 September 2026. ↩

  20. Fremstad, E.; Grundt, H. H. (2012). Tromsøpalme Heracleum persicum. Artsdatabankens faktaark 243. Trondheim: Artsdatabanken. ↩ ↩2 ↩3

  21. Rijal, D. P. (2015; last modified 2019). “Heracleum persicum (Persian hogweed)”. CABI Compendium. Datasheet 120209. doi:10.1079/cabicompendium.120209. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7

  22. EPPO (2026). “EPPO Datasheet: Heracleum mantegazzianum, Heracleum sosnowskyi and Heracleum persicum”. EPPO Bulletin. 56 (1): 108–119. doi:10.1111/epp.70049. ↩ ↩2 ↩3

  23. Sefidkon, F.; Dabiri, M.; Mohammad, N. (2002). “Analysis of the oil of Heracleum persicum L. (leaves and flowers)”. Journal of Essential Oil Research. 14 (4): 295–297. doi:10.1080/10412905.2002.9699860. ↩

  24. Sefidkon, F.; Dabiri, M.; Mohammad, N. (2004). “Analysis of the oil of Heracleum persicum L. (seeds and stems)”. Journal of Essential Oil Research. 16 (4): 296–298. doi:10.1080/10412905.2004.9698725. ↩

  25. Rijal, D. P.; Alm, T.; Jahodová, Š.; Stenøien, H. K.; Alsos, I. G. (2015). “Reconstructing the invasion history of Heracleum persicum (Apiaceae) into Europe”. Molecular Ecology. 24 (22): 5522–5543. doi:10.1111/mec.13411. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12

  26. Scheffer, J. J. C.; Hiltunen, R.; Aynehchi, Y.; von Schantz, M.; Baerheim Svendsen, A. (1984). “Composition of essential oil of Heracleum persicum fruits”. Planta Medica. 50 (1): 56–60. doi:10.1055/s-2007-969621. ↩

  27. Radjabian, T.; Salimi, A.; Rahmani, N.; Shockravi, A.; Mozaffarian, V. (2013). “Essential oil composition of some wild populations of Heracleum persicum Desf. ex Fischer growing in Iran”. Journal of Essential Oil Bearing Plants. 16 (6): 841–849. doi:10.1080/0972060X.2013.862078. ↩

  28. Hajhashemi, V.; Sajjadi, S. E.; Heshmati, M. (2009). “Anti-inflammatory and analgesic properties of Heracleum persicum essential oil and hydroalcoholic extract in animal models”. Journal of Ethnopharmacology. 124 (3): 475–480. doi:10.1016/j.jep.2009.05.012. ↩

  29. USDA APHIS Plant Protection and Quarantine (May 1995). “Heracleum mantegazzianum Sommier & Levier: giant hogweed, golpar”. Fact sheet FACTS-38, after Westbrooks, R. G. (1991). Federal Noxious Weed Inspection Guide. ↩ ↩2

  30. Gucker, C. L. (2009). “Heracleum mantegazzianum”. In: Fire Effects Information System. U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Rocky Mountain Research Station. doi:10.2737/FEIS-species-review-HERMAN. ↩

  31. Commission Implementing Regulation (EU) 2016/1141 of 13 July 2016 adopting a list of invasive alien species of Union concern. Official Journal of the European Union L 189: 4. ↩ ↩2

  32. Ozerova, N. A.; Krivosheina, M. G. (2018). “Patterns of secondary range formation for Heracleum sosnowskyi and H. mantegazzianum on the territory of Russia”. Russian Journal of Biological Invasions. 9 (2): 155–162. doi:10.1134/S2075111718020091. ↩

  33. Falahati-Anbaran, M.; Rijal, D. P.; Lundemo, S.; Alsos, I. G.; Stenøien, H. K. (2021). “Disentangling the genetic origin of Heracleum persicum (Apiaceae) in Europe: multiple introductions from multiple source populations”. Biological Invasions. 23 (12): 3871–3890. doi:10.1007/s10530-021-02618-0. ↩

  34. Alm, T. (2015). “Plant species introduced by foreigners according to folk tradition in Norway and some other European countries: xenophobic tales or not?”. Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine. 11: 72. doi:10.1186/s13002-015-0056-9. ↩

  35. Rijal, D. P.; Alm, T.; Nilsen, L.; Alsos, I. G. (2017). “Giant invasive Heracleum persicum: friend or foe of plant diversity?”. Ecology and Evolution. 7 (13): 4936–4950. doi:10.1002/ece3.3055. ↩

  36. Myrås, H.; Junttila, O. (1981). “Interaction between Heracleum laciniatum and some other plants”. Holarctic Ecology. 4 (1): 43–48. doi:10.1111/j.1600-0587.1981.tb00979.x. ↩

  37. Junttila, O. (1976). “Allelopathic inhibitors in seeds of Heracleum laciniatum”. Physiologia Plantarum. 36 (4): 374–378. doi:10.1111/j.1399-3054.1976.tb02259.x. ↩

  38. Kavli, G.; Raa, J.; Johnson, B. E.; Volden, G.; Haugsbø, S. (1983). “Furocoumarins of Heracleum laciniatum: isolation, phototoxicity, absorption and action spectra studies”. Contact Dermatitis. 9 (4): 257–262. doi:10.1111/j.1600-0536.1983.tb04386.x. ↩

  39. Kavli, G.; Volden, G.; Midelfart, K.; Krokan, H.; Prytz, J. O.; Haugsbø, S. (1983). “In vivo and in vitro phototoxicity of different parts of Heracleum laciniatum”. Contact Dermatitis. 9 (4): 269–273. doi:10.1111/j.1600-0536.1983.tb04388.x. ↩

  40. Kavli, G.; Midelfart, K.; Volden, G.; Krokan, H. (1983). “Photochemical reactions of Heracleum laciniatum: influence of dimethyl sulphoxide and corticosteroids”. British Journal of Dermatology. 109 (Suppl. 25): 137–140. doi:10.1111/j.1365-2133.1983.tb06826.x. ↩

  41. Kavli, G.; Volden, G.; Raa, J. (1982). “Accidental induction of photocontact allergy to Heracleum laciniatum”. Acta Dermato-Venereologica. 62 (5): 435–438. doi:10.2340/0001555562435438. ↩

  42. An, İ. (2019). “Phytocontact dermatitis due to Heracleum persicum”. Türkiye Klinikleri Journal of Dermatology. 29 (3): 138–140. doi:10.5336/dermato.2017-58532. ↩

  43. Nordheim, F. G. (10 July 2007). “Tromsøpalmen skal bekjempes”. NRK Troms og Finnmark. ↩ ↩2

  44. Tromsø kommune. “Fremmede arter i Tromsø”. Retrieved 26 September 2026. ↩

  45. Nordisk Film & TV Fond (21 January 2025). “It’s a wrap for this year’s Tromsø International Film Festival”. ↩

Cet article est une traduction de l’article anglais, révision 1836.

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