Art. 0005 Rév. 1905

Effet hydre

Sommaire
  1. Chez la berce du Caucase
  2. Éviter l’effet
  3. Voir aussi
  4. Références

Cet article traite du phénomène écologique. Pour la créature de la mythologie grecque, voir Hydre de Lerne.

L’effet hydre est le paradoxe, en écologie des populations, par lequel une augmentation du taux de mortalité des individus entraîne une augmentation de la taille de la population. Il doit son nom à l’Hydre de Lerne de la mythologie grecque, à qui il repoussait deux têtes pour chaque tête coupée par Héraclès.1

L’effet se produit quand le retrait d’individus soulage les survivants de la compétition, ou libère une croissance jusque-là contenue, si bien que la population compense ses pertes — et les surcompense. L’idée a une longue histoire dans la théorie des populations, qui a identifié plusieurs mécanismes capables de la produire.1 Elle revêt une importance pratique partout où des populations sont exploitées ou contrôlées, car une mesure destinée à réduire une population peut, si elle est mal appliquée, l’agrandir.

Chez la berce du Caucase

Fig. 1 Une tête, puis trois

Retirer l’ombelle terminale libère les bourgeons latéraux de la dominance apicale.

La berce du Caucase illustre la compensation sur laquelle repose l’effet, à deux niveaux.

La plante individuelle. Couper l’ombelle terminale retire la source de la dominance apicale ; des bourgeons plus bas sur la tige se développent et produisent plusieurs ombelles plus petites à sa place. Quand seule l’ombelle terminale était retirée au pic de la floraison, la production totale de graines de la plante ne baissait pas du tout.2 Quand toutes les ombelles étaient retirées, près de la moitié des plantes se régénéraient et produisaient de nouveau des graines la même saison.3 Étant monocarpique, une plante qui a commencé à fleurir meurt à la fin de la saison quoi qu’on lui fasse ;4 la coupe ne décide que de la quantité de graines qu’elle laisse derrière elle.

La parcelle. Avant de fleurir, les plantes qui perdent leurs feuilles année après année retardent leur floraison et vivent plus longtemps : sur les pâtures broutées, l’âge médian à la floraison était de cinq ans, contre trois sur les terrains non gérés.5 Une parcelle maintenue basse sans être déracinée garde donc ses plantes, et ses graines, en réserve. Que la fauche régulière agrandisse réellement une parcelle, comme l’exigerait un véritable effet hydre, cela n’a pas été mesuré.[citation needed] La mesure le plus souvent prise contre la plante est, au mieux, celle qui la préserve.

Éviter l’effet

L’effet hydre ne survient que là où la lutte est partielle : là où la tête est retirée mais où le corps demeure. Il ne survient pas quand la racine est détruite. Dans le mythe, Héraclès ne vint à bout de l’Hydre que lorsque son compagnon Iolaos cautérisa chaque cou à mesure que la tête était coupée, si bien que rien ne pouvait repousser, et que l’unique tête immortelle fut enterrée sous un rocher. L’équivalent moderne est la coupe de racine.

Voir aussi

Footnotes

  1. Abrams, P. A. (2009). “When does greater mortality increase population size? The long history and diverse mechanisms underlying the hydra effect”. Ecology Letters. 12 (5): 462–474. doi:10.1111/j.1461-0248.2009.01282.x. ↩ ↩2

  2. Pyšek, P.; Kučera, T.; Puntieri, J.; Mandák, B. (1995). “Regeneration in Heracleum mantegazzianum: response to removal of vegetative and generative parts”. Preslia. 67: 161–171. ↩

  3. Pyšek, P.; Krinke, L.; Jarošík, V.; Perglová, I.; Pergl, J.; Moravcová, L. (2007). “Timing and extent of tissue removal affect reproduction characteristics of an invasive species Heracleum mantegazzianum”. Biological Invasions. 9 (3): 335–351. doi:10.1007/s10530-006-9038-0. ↩

  4. Pyšek, P.; Perglová, I.; Krinke, L.; Jarošík, V.; Pergl, J.; Moravcová, L. (2007). “Regeneration ability of Heracleum mantegazzianum and implications for control”. In Pyšek, P.; et al. (eds.). Ecology and Management of Giant Hogweed. Wallingford: CAB International. pp. 112–125. doi:10.1079/9781845932060.0112. ↩

  5. Pergl, J.; Perglová, I.; Pyšek, P.; Dietz, H. (2006). “Population age structure and reproductive behavior of the monocarpic perennial Heracleum mantegazzianum (Apiaceae) in its native and invaded distribution ranges”. American Journal of Botany. 93 (7): 1018–1028. doi:10.3732/ajb.93.7.1018. ↩

Cet article est une traduction de l’article anglais, révision 1905.

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