Art. 0002 Rév. 1871 Danger : phototoxique

Lutte contre la berce du Caucase

Sommaire
  1. Que faire
  2. Sécurité
  3. Méthodes
  4. Lutte coordonnée
  5. Après la lutte
  6. Erreurs courantes
  7. Voir aussi
  8. Références

Pour la plante elle-même, voir Berce du Caucase. Pour les brûlures qu’elle cause, voir Phytophotodermatose.

Cet article ne donne que des indications générales. Avant de travailler sur un site, vérifiez la réglementation locale sur les herbicides, les déchets et le travail près de l’eau, et lisez en entier la section sécurité.

La lutte contre la berce du Caucase comprend les méthodes utilisées pour retirer les espèces invasives d’Heracleum d’un terrain et empêcher leur retour. Comme la plante repart de sa racine et d’une banque de graines qui survit à chaque individu, la lutte se mesure en années plutôt qu’en saisons.1

La plupart des programmes qui échouent partagent trois traits. Ils traitent la plante visible plutôt que la racine ; ils s’arrêtent avant l’épuisement de la banque de graines ; et ils se limitent à des parcelles individuelles tandis que les terrains alentour restent infestés. Les méthodes qui fonctionnent sont, par comparaison, simples : elles ne sont que laborieuses.

Les botanistes n’ont jusqu’ici fait que décrire la berce de diverses manières ; ce qui importe, c’est de la supprimer.

— Onzième résolution de la Société du jardin ouvrier de Feuerbach Road, 1845

Que faire

L’expérience des programmes menés à travers l’Europe se ramène à trois principes.12

  1. Traiter la racine. Tout ce qui laisse le collet en vie relève de l’entretien, non de la lutte. Les méthodes qui détruisent la racine — la couper sous le collet, la déterrer, ou la tuer par un herbicide systémique — méritent seules le nom de radicales, du latin radix, « racine ».
  2. Épuiser la banque de graines. La graine survit dans le sol pendant plusieurs années. Le traitement doit se poursuivre, chaque saison, jusqu’à ce qu’aucun semis n’apparaisse plus pendant plusieurs années de suite. Une seule plante autorisée à grainer restaure la réserve.
  3. Agir sur tout le bassin versant. La graine voyage en aval et le long des routes. La lutte sur une seule parcelle ne peut réussir tant que les terrains en amont restent infestés ; elle doit être planifiée pour tout le bassin versant, avec la participation de chaque propriétaire.

Sécurité

Fig. 1 Équipement de protection

Équipement de protection minimal pour travailler au contact de la berce. Aucune partie de la peau ne doit rester exposée.

La sève cause des brûlures sévères quand la peau qui y a été exposée est ensuite éclairée par le soleil (voir phytophotodermatose). Tout travail doit donc se faire en tenue de protection complète :13

  • Vêtements imperméables en matière synthétique. Le coton et le lin absorbent la sève et la retiennent contre la peau.
  • Gants longs, avec les manches par-dessus, et bottes en caoutchouc, avec le pantalon par-dessus.
  • Protection oculaire : une visière ou des lunettes-masque. De la sève dans les yeux est une urgence médicale.
  • Pas de débroussailleuse à fil ni de débroussailleuse à lame. Elles projettent la sève et des fragments de plante sur l’opérateur, un danger d’abord décrit comme « dermite du débroussailleur ».4

Le travail est plus sûr par temps couvert ou en soirée, bien que la lumière ultraviolette soit présente même par temps nuageux.3 Les vêtements de protection doivent être retirés avec précaution et lavés, et les outils nettoyés, avant de quitter le site. Personne ne doit travailler seul.

Si de la sève touche la peau, rincez-la aussitôt à l’eau froide savonneuse, couvrez la zone et tenez-la à l’abri du soleil pendant au moins 48 heures, et consultez un médecin. Voir premiers secours.

Méthodes

Résumé des méthodes de lutte
MéthodeTue la racineArrête le grainageEffortRemarques
Coupe de racineouiouiélevéPermanente pour chaque plante coupée. Meilleure au printemps.
Herbicide systémiqueouiouimoyenRestreint près de l’eau ; applications répétées.
PâturagelentementouifaibleMoutons ou bovins, chaque saison pendant des années.
Retrait des ombellesnonpartiellementmoyenLe calendrier est crucial ; les plantes repoussent.
FauchenonpartiellementfaibleProlonge la vie de la plante.
BrûlagenonnonfaibleNon recommandé.

Coupe de racine

Fig. 2 Coupe de racine

Coupe de racine. La racine pivotante est sectionnée à la bêche affûtée au moins 10 cm sous la surface du sol, et le collet est extrait et laissé sécher, ou évacué du site. Rien ne repousse de la racine qui demeure.

La racine pivotante est coupée à la bêche affûtée au moins 10 cm sous la surface du sol — jusqu’à 25 cm là où la terre s’est accumulée autour de la plante — et le collet est extrait et laissé sécher, ou retiré du site.1 La profondeur compte : dans des essais, des coupes à 15 cm sous terre tuaient les plantes, tandis que des coupes à 5 cm ou en surface les laissaient repousser à partir de bourgeons sur ce qui restait.5 Le travail se fait mieux au début du printemps, quand les rosettes sont petites et faciles à repérer, et se répète au milieu de l’été pour les plantes manquées.1 C’est la seule méthode mécanique qui tue la plante d’emblée, et la plus économique pour les petites et moyennes parcelles.

Herbicides

Des herbicides systémiques comme le glyphosate, appliqués sur les feuilles au printemps quand les plantes sont petites, sont entraînés jusque dans la racine et la tuent. Plusieurs applications sur plus d’une saison sont généralement nécessaires, et des semis continueront d’apparaître jusqu’à épuisement de la banque de graines. L’usage près de l’eau est restreint dans la plupart des pays et peut nécessiter une autorisation.

Pâturage

Les animaux au pâturage mangent les jeunes feuilles, empêchant la floraison et épuisant peu à peu la racine. La plupart des retours d’expérience concernent les moutons ; les bovins trouvent aussi la plante appétissante.1 Le Best Practice Manual recommande 20 à 30 moutons par hectare au printemps et 5 à 10 à partir de fin juin, et des races à peau sombre, moins sensibles à la sève.1 Le pâturage doit se poursuivre chaque saison pendant plusieurs années. Au Danemark, un site pâturé par des moutons n’a produit aucune graine pendant sept ans, après quoi il ne restait plus aucune graine viable dans le sol.6 Les porcs, qui endommagent les racines, ont aussi été suggérés,7 mais ils demandent une supervision.[réf. nécessaire]

Retrait des ombelles

Fig. 3 Dominance apicale

La décapitation libère les bourgeons latéraux de la dominance apicale. La plante répond à la perte d’une tête par plusieurs.

Couper les têtes florales empêche le grainage pour une saison, à condition, et seulement à condition, que ce soit fait au bon moment : entre le pic de la floraison et la première formation de fruits, généralement en juin ou juillet.8 Retirer la seule ombelle terminale n’accomplit rien, puisque le reste de la plante compense la perte ; voir Ombelle § Retrait de l’ombelle terminale. Coupée trop tôt, la plante repousse et refleurit ; coupée trop tard, la graine s’est déjà formée. Les têtes coupées doivent être mises en sac et détruites sur place ou évacuées : des ombelles coupées au stade fruit précoce et laissées au sol ont tout de même mûri près d’un cinquième de leur récolte normale.8 Dans une étude de terrain, près de la moitié des plantes traitées repoussèrent et produisirent des graines à partir de nouvelles ombelles, plus petites.8 Les sites doivent être revisités plus tard dans la saison.

Fauche et débroussaillage

La fauche est la méthode de lutte la plus utilisée et la moins efficace. Elle retire les feuilles et les tiges florales, mais la plante repousse à partir de bourgeons du collet. Le calendrier décide de la quantité de graines épargnée : les plantes coupées au ras du sol au pic de la floraison ne produisent que 3 à 4 % des graines de plantes non coupées, celles coupées à l’apparition de la tige florale 12 à 15 %, et celles coupées au début du printemps environ la moitié.5 Une plante qui a commencé à fleurir meurt à la fin de la saison quoi qu’on lui fasse, mais elle parvient souvent à refleurir avant cela.5 Les rosettes broutées à répétition, en revanche, retardent leur floraison de plusieurs années : sur les pâtures, l’âge médian à la floraison était de cinq ans, contre trois sur les terrains non gérés.9 Faucher deux ou trois fois par saison pendant de nombreuses années peut finir par épuiser la racine,2 mais en pratique les parcelles fauchées sont entretenues, non supprimées (voir effet hydre). Un pas en avant, deux pas en arrière.

La fauche n’est utile que dans un seul but : empêcher les grandes parcelles de grainer pendant que des méthodes radicales s’organisent.

Brûlage

Brûler les plantes sur pied n’atteint pas la racine et n’est pas recommandé. Les têtes de graines retirées peuvent être détruites par le feu là où la réglementation locale le permet ; le matériel végétal portant des graines ne doit jamais être composté.1

Une seule étincelle peut mettre le feu à toute la plaine.

— Avis de sécurité incendie, chantiers bénévoles du district

Lutte biologique

Aucun agent de lutte biologique n’est disponible. Une recherche menée dans l’aire d’origine de la plante, au Caucase, entre 2002 et 2005, n’a trouvé aucun ennemi naturel assez spécifique pour être lâché sans risque.10 Voir Hypothèse de la libération des ennemis naturels § La recherche d’un agent de lutte biologique.

Lutte coordonnée

La berce ne respecte pas les limites de propriété. La pluie de graines retombe surtout à quelques mètres du pied parent, mais les crues emportent des graines à des kilomètres en aval,11 et les gens la déplacent le long des routes et des voies ferrées, dans la terre, sur les machines et dans les têtes coupées. Un propriétaire qui dégage un champ tandis que les terres en amont restent infestées le dégagera de nouveau l’année suivante, et chaque année après.

C’est pourquoi la lutte se planifie pour tout le bassin versant, en commençant en tête de rivière et en descendant, avec la participation de chaque propriétaire riverain.1 Le modèle interactif ci-dessous illustre ce principe.

Fig. 4 Modèle interactif · 15 saisons
Méthode
Portée
Year 0 · plants in spring 93 · in your plot 26 · seed bank 61,967
Choisissez une méthode et une portée, puis lancez le modèle. Y flowering o rosette , seedling x died after seeding . grass ~ river : boundary A simplified model: the proportions are illustrative, the direction of the results is not.

Signalement

Les observations de berce du Caucase doivent être signalées à l’autorité locale ou au dispositif national de recensement, avec une photographie, une note sur la taille de la plante et sa localisation. Les observateurs ne doivent pas tenter de l’arracher sans équipement de protection.

Après la lutte

Le terrain dégagé ne reste pas vide. Quand une espèce dominante est retirée, la communauté traverse une période où l’ancienne parcelle se meurt et où la nouvelle végétation ne peut pas encore s’installer ; dans cet interrègne apparaît une grande variété de mauvaises herbes opportunistes. Semer un mélange de graminées et de fleurs sauvages indigènes aussitôt après le dégagement raccourcit cette période et refuse le sol nu aux semis de berce. Que cent fleurs s’épanouissent.

Les sites dégagés doivent être surveillés chaque saison. Des semis continuent d’apparaître pendant plusieurs années, en nombre décroissant, à mesure que la banque de graines s’épuise ; les derniers sont les plus importants.12

Erreurs courantes

ErreurRésultat
Traiter la plante visibleLe collet survit et la plante revient, souvent avec plus de têtes.
S’arrêter après une saison sans grainesLa banque de graines remplace la parcelle en un an ou deux.
Ne dégager que son propre terrainLa graine venue de l’amont et des voisins le recolonise.
Laisser les têtes coupées au solLa graine mûrit quand même.
Utiliser une débroussailleuse à filLa sève est projetée sur l’opérateur.
Attendre que la parcelle disparaisse d’elle-mêmeChaque plante meurt bien après avoir fleuri — mais après s’être d’abord remplacée plusieurs milliers de fois.

Voir aussi

Footnotes

  1. Nielsen, C.; Ravn, H. P.; Nentwig, W.; Wade, M., eds. (2005). The Giant Hogweed Best Practice Manual: Guidelines for the management and control of an invasive weed in Europe. Hørsholm: Forest & Landscape Denmark. ISBN 87-7903-209-5. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9

  2. Caffrey, J. M. (1999). “Phenology and long-term control of Heracleum mantegazzianum”. Hydrobiologia. 415: 223–228. ↩ ↩2

  3. New York State Department of Environmental Conservation. “Giant Hogweed”. Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2

  4. Freeman, K.; Hubbard, H. C.; Warin, A. P. (1984). “Strimmer rash”. Contact Dermatitis. 10 (2): 117–118. doi:10.1111/j.1600-0536.1984.tb00357.x. ↩

  5. Pyšek, P.; Perglová, I.; Krinke, L.; Jarošík, V.; Pergl, J.; Moravcová, L. (2007). “Regeneration ability of Heracleum mantegazzianum and implications for control”. In Pyšek, P.; et al. (eds.). Ecology and Management of Giant Hogweed. Wallingford: CAB International. pp. 112–125. doi:10.1079/9781845932060.0112. ↩ ↩2 ↩3

  6. Moravcová, L.; Pyšek, P.; Pergl, J.; Perglová, I.; Jarošík, V. (2006). “Seasonal pattern of germination and seed longevity in the invasive species Heracleum mantegazzianum”. Preslia. 78: 287–301. ↩

  7. RAPID LIFE project (2018). Good practice management: giant hogweed. Invasive Species Ireland. ↩

  8. Pyšek, P.; Krinke, L.; Jarošík, V.; Perglová, I.; Pergl, J.; Moravcová, L. (2007). “Timing and extent of tissue removal affect reproduction characteristics of an invasive species Heracleum mantegazzianum”. Biological Invasions. 9 (3): 335–351. doi:10.1007/s10530-006-9038-0. ↩ ↩2 ↩3

  9. Pergl, J.; Perglová, I.; Pyšek, P.; Dietz, H. (2006). “Population age structure and reproductive behavior of the monocarpic perennial Heracleum mantegazzianum (Apiaceae) in its native and invaded distribution ranges”. American Journal of Botany. 93 (7): 1018–1028. doi:10.3732/ajb.93.7.1018. ↩

  10. European Commission, CORDIS. “Searching for effective biological control enemies for the giant hogweed”. Retrieved 26 September 2026. ↩

  11. Trottier, N.; Groeneveld, E.; Lavoie, C. (2017). “Giant hogweed at its northern distribution limit in North America: experiments for a better understanding of its dispersal dynamics along rivers”. River Research and Applications. 33 (7): 1098–1106. doi:10.1002/rra.3149. ↩

  12. Moravcová, L.; Pyšek, P.; Krinke, L.; Müllerová, J.; Perglová, I.; Pergl, J. (2018). “Long-term survival in soil of seed of the invasive herbaceous plant Heracleum mantegazzianum”. Preslia. 90 (3): 225–234. ↩

Cet article est une traduction de l’article anglais, révision 1871.

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