Art. 0010 Rév. 1947 Danger : phototoxique

Berce de Sosnowsky

Sommaire
  1. Taxonomie
  2. Histoire
  3. Répartition
  4. Lutte et droit
  5. Dans la culture
  6. Voir aussi
  7. Références

Cet article traite de l’espèce. Pour les berces géantes en général, voir Berce du Caucase. Pour le genre, voir Heracleum.

La berce de Sosnowsky (Heracleum sosnowskyi ; russe borchtchevik Sosnovskogo) est une berce géante originaire du Caucase. À partir de 1947, elle fut introduite en culture en Union soviétique comme plante d’ensilage à haut rendement, et dans les années 1960 ses graines furent envoyées à des exploitations dans tout le pays.1 La culture déçut : sa sève brûlait les personnes qui la manipulaient, et son odeur passait dans le lait et la viande des animaux qui la broutaient.12 La culture cessa dans les années 1980, et dans les années 1990, tandis que l’agriculture collective s’effondrait et que les champs étaient abandonnés, la plante se répandit sans contrôle.13

Elle compte aujourd’hui parmi les plantes invasives les plus problématiques de Russie, des États baltes, du Bélarus et de Pologne. L’Union européenne la classe espèce exotique envahissante préoccupante pour l’Union.4 En Russie, sa variété enregistrée fut radiée du registre officiel en 2012 pour avoir perdu son utilité économique, et en 2015 la plante fut officiellement reclassée de culture en mauvaise herbe.5 Le Rosselkhoznadzor, l’inspection agricole russe, l’a qualifiée de « miracle » d’ensilage qui n’a pas justifié la confiance placée en lui.6

Taxonomie

L’espèce fut nommée en 1944 par la botaniste Ida P. Mandenova, d’après du matériel récolté en Meskhétie, en Géorgie.71 Elle honore le botaniste caucasien Dmitri Ivanovitch Sosnowsky, dont les dates sont données comme 1885-1952 par certaines sources et 1886-1953 par d’autres.7 Mandenova la plaça avec la berce du Caucase, H. mantegazzianum, dans la section Pubescentia du genre.1

Elle est plus petite que la berce du Caucase, jusqu’à environ 3 m de haut, avec des feuilles moins profondément divisées.8 Dans son aire d’origine, elle pousse dans le Caucase central et oriental, du Daghestan et de la Kabardino-Balkarie jusqu’à la Géorgie, au nord de l’Arménie et au nord-est de la Turquie.1 Son génome, séquencé en 2023, contient 55 106 gènes, bien plus que les 25 000 à 35 000 habituels chez les plantes.9

On s’est demandé si la culture soviétique était bien la berce de Sosnowsky. Des codes-barres ADN de plantes invasives des environs de Kirovsk et de Syktyvkar, les deux lieux où l’introduction commença, correspondaient à la berce du Caucase, H. mantegazzianum ; les auteurs suggèrent que les deux espèces se sont hybridées dans les premières parcelles d’essai.1011 La berce du Caucase fut elle-même essayée en Union soviétique, à une échelle plus réduite.1 Si l’identification se confirme, la plante fourragère soviétique et l’ornementale victorienne étaient la même espèce. Voir Heracleum § Les noms.

Histoire

Introduction

La recherche de la plante commença dans ce que les historiens russes de l’épisode appellent les dures années d’après-guerre, quand l’Union soviétique cherchait à restaurer et à relever aussi vite que possible la productivité de son agriculture.1 La ferme du Jardin botanique polaire-alpin de Kirovsk, sur la péninsule de Kola, avait été la première en pratique soviétique à faire de l’ensilage à partir de plantes herbacées vivaces.1 En 1946, A. A. Marchenko fut chargé de comparer de telles plantes, et la berce de Sosnowsky produisit la plus grande biomasse.12 En 1947, des plants venus des environs de Naltchik, en Kabardino-Balkarie, furent apportés au jardin pour un essai comme culture d’ensilage.110

Le travail s’étendit. En 1951 ou 1952, des graines partirent vers l’Institut de biologie de Syktyvkar, en République des Komis, qui devint le centre unional pour l’introduction de nouvelles plantes d’ensilage.110 D’autres centres suivirent près de Léningrad, à Naltchik, où des sélectionneurs tentèrent de produire des variétés qui ne brûleraient pas, à Lobnia près de Moscou à partir de 1959, et dans les années 1970 à l’Académie agricole Timiriazev. En 1956, la plante fut inscrite sur la liste des essais à échelle pilote.1

Les historiens de l’introduction distinguent quatre étapes : essais locaux à partir de la fin des années 1940, introduction de masse à partir de la fin des années 1950, achèvement à partir du milieu des années 1970, et invasion incontrôlée à partir des années 1990.13

Plantation de masse

Graines distribuées, d’après les relevés
AnnéesDepuisGrainesVers
1962–1966Institut de biologie, Syktyvkar5 500 kg de nouvelles plantes d’ensilageprès de 1 500 exploitations dans toute l’URSS
1965–1969sovkhoze « Lidino », oblast de Moscouplus de 10 t55 exploitations de l’oblast, 67 ailleurs
1968section carélienne de l’académie agricole0,5 kgsovkhoze « Barkava », Lettonie
1973–1976station expérimentale d’Oudmourtie1 694 kgkolkhozes et sovkhozes d’Oudmourtie
D’après Ozerova & Krivosheina (2018), Shadrin et al. (2023) et le ministère letton de l’Environnement (2007).

À partir des années 1960, la plante fut cultivée à grande échelle dans toute l’Union soviétique, bien que l’on sût déjà que sa sève brûlait la peau.1 De 1962 à 1966 seulement, 5 500 kg de graines des nouvelles plantes d’ensilage, dont la berce, furent envoyés de Syktyvkar vers près de 1 500 exploitations.10 En Lettonie, le premier semis de production fut fait en 1968 au sovkhoze Barkava, à partir d’un demi-kilogramme de graines ; le premier champ couvrait 0,2 ha, et à la fin des années 1970 la ferme en cultivait 40 ha.14 La culture fut aussi pratiquée dans les autres républiques baltes, en Ukraine, au Bélarus, en Moldavie et au Kirghizistan.1

La surface totale ne sera jamais connue : les statistiques agricoles soviétiques comptabilisaient la berce avec les autres cultures d’ensilage.1 Une partie de l’expansion suivit les besoins de la recherche plutôt que ceux des fermes. Dans le district de Rjev, dans l’oblast de Kalinine, où 140 ha furent plantés et des graines envoyées à soixante adresses, les historiens relient l’expansion ultérieure de la plante dans plusieurs oblasts à des recherches de thèse menées à l’Académie Timiriazev.1

Les sélectionneurs tentèrent de supprimer la brûlure. Selon I. F. Satsyperova, dont la collection à l’Institut botanique Komarov comparait trente espèces d’Heracleum, la sélection de la berce de Sosnowsky se poursuivit jusque dans les années 1980 et n’aboutit à rien, parce que la production de furocoumarines photodynamiques est un caractère dominant.1 Une variété, « Severianine », fut néanmoins enregistrée.5

Problèmes

Les brûlures étaient connues depuis les années 1950.1 Les premiers essais d’alimentation ne montrèrent aucun tort aux animaux, et les vaches nourries à l’ensilage donnaient plus de lait.12 Les travaux ultérieurs furent moins encourageants. Au début des années 1980, on montra que les furocoumarines survivent dans l’ensilage et affaiblissent la fermentation lactique qui le conserve ; l’odeur de la plante passait dans la viande et le lait ; et les vaches mangeaient mal l’ensilage de berce quand elles avaient autre chose.1 Dans les États baltes, le goût d’anis du lait et le danger pour les hommes et le bétail menèrent à l’abandon des plantations.2

Abandon et expansion

La culture cessa dans les années 1980, et la recherche sur cette plante fut réduite dans la seconde moitié de la décennie.13 Des plantes échappées avaient été trouvées près de Moscou dès 1948, et des échappées furent vues partout à partir des années 1970.1

L’expansion décisive vint dans les années 1990. Avec ce que des auteurs russes décrivent comme la destruction du complexe agro-industriel, l’expansion échappa à tout contrôle et prit le caractère d’un désastre écologique.1 Les exploitations agricoles s’effondrèrent, la fauche régulière cessa, et les champs devinrent des friches, que la plante occupa, se répandant le long des routes.3 Une vingtaine d’années s’écoulèrent entre son expansion dans les villes et les villages et les premières mesures officielles de lutte. Elle est relevée dans 54 des sujets fédéraux de Russie, et depuis 2005 se trouve hors des terres agricoles en Sibérie.15

Répartition

Surface relevée de la berce de Sosnowsky
PaysSurfaceAnnéeNote
Russie169 000 ha cartographiés2011–2017sous 477 marchés publics dans 18 régions ; 18 000 ha traités
Russie, terres agricoles17 000–25 000 hapar antrouvés par les inspecteurs agricoles
Oblast de Léningrad100 000 ha2011–2013foyers sur 29 % des 346 000 ha étudiés
Lettonie10 783 ha20207 956 ha en 2008
Lituanieplus de 10 000 ha2008estimation
Estonieenviron 2 700 ha2019identifiés ; plus de 400 ha détruits
Bélarus4 639 ha202378,5 % dans l’oblast de Vitebsk
Sources : Dalke et al. (2018) ; Rosselkhoznadzor (2023, 2025) ; Lukicheva (2014) ; OEPP ; Service letton de protection des plantes ; Jodaugienė et al. (2018) ; Agence estonienne de l’environnement ; Ministère des Ressources naturelles du Bélarus (2023).

Les affirmations de la presse populaire faisant état de dizaines de millions d’hectares16 sont bien au-dessus de tout ce qui a été mesuré sur le terrain.15

Lutte et droit

Les marchés publics de cartographie et de destruction de la plante en Russie entre 2011 et 2017 coûtèrent 314 millions de roubles ; les oblasts de Léningrad, de Moscou et de Vologda concentraient neuf dixièmes de la surface traitée.15

La Russie a retiré la plante du classificateur national des produits agricoles à compter du 1er janvier 2015, lui faisant perdre le statut de culture, et l’a ajoutée au classificateur sectoriel des mauvaises herbes la même année.5 Ce n’est pas un organisme de quarantaine.6 Depuis le 1er mars 2026, une loi fédérale oblige les détenteurs de terres à détruire les plantes exotiques envahissantes dangereuses présentes sur leur terrain, sous peine de le perdre. La loi définit ces plantes comme celles dont l’expansion menace l’environnement, la santé humaine et la biodiversité, et nuit à certains secteurs de l’économie ; les listes sont établies par chaque région.17 Dans l’oblast de Moscou, des amendes pouvant atteindre un million de roubles s’appliquent depuis 2018. En 2025, l’oblast a remplacé l’amende pour les particuliers par un montant fixe de 5 000 roubles, jugeant l’ancienne fourchette disproportionnée par rapport au coût de l’arrachage de la plante.1819

En Lettonie, où un article de 1986 avait qualifié la plante de « raton laveur botanique »,14 un programme national pour 2006-2012 fut chiffré à 15,35 millions de lats.20 Depuis 2008, les propriétaires de terrains infestés doivent les enregistrer, soumettre un plan de lutte, poursuivre jusqu’à disparition de la parcelle, et surveiller pendant au moins cinq ans. Une plante en fleur portant une ombelle développée vaut preuve que la lutte n’a pas été menée.21 L’Estonie a décidé d’éradiquer la plante en 2003,22 et la Lituanie l’a inscrite pour lutte obligatoire depuis 2001.23

L’Union européenne a placé la berce de Sosnowsky sur sa liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union en 2016 ; elle ne peut plus être détenue, cultivée, vendue ou relâchée.4 Le chien viverrin fut ajouté à la même liste l’année suivante.24

Dans la culture

Dans le journalisme polonais et russophone, la plante est parfois appelée « la revanche de Staline », d’après la décision de 1947 ; l’origine du surnom n’est pas documentée.25 L’artiste polonaise Liliana Zeic exposa une plante sous vitrine sous ce titre en 2017.26 À Moscou, la mise en scène de la pièce de Mykola Koulich Île bénie par le théâtre Et Cetera en 2019 situait son second acte sur une île envahie par une belle mais vénéneuse berce.25

Voir aussi

Footnotes

  1. Ozerova, N. A.; Krivosheina, M. G. (2018). “Patterns of secondary range formation for Heracleum sosnowskyi and H. mantegazzianum on the territory of Russia”. Russian Journal of Biological Invasions. 9 (2): 155–162. doi:10.1134/S2075111718020091. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13 ↩14 ↩15 ↩16 ↩17 ↩18 ↩19 ↩20 ↩21 ↩22

  2. Nielsen, C.; Ravn, H. P.; Nentwig, W.; Wade, M., eds. (2005). The Giant Hogweed Best Practice Manual: Guidelines for the management and control of an invasive weed in Europe. Hørsholm: Forest & Landscape Denmark. ISBN 87-7903-209-5. ↩ ↩2

  3. Luneva, N. N. (2014). “Borshchevik Sosnovskogo v Rossiiskoi Federatsii” [Heracleum sosnowskyi in the Russian Federation]. Zashchita i Karantin Rastenii. 2014 (3): 12–18. ↩ ↩2 ↩3

  4. Commission Implementing Regulation (EU) 2016/1141 of 13 July 2016 adopting a list of invasive alien species of Union concern. Official Journal of the European Union L 189: 4. ↩ ↩2

  5. Luneva, N. N.; Konechnaya, G. Yu.; Smekalova, T. N.; Chukhina, I. G. (2018). “On status of Heracleum sosnowskyi Manden. on the territory of Russian Federation”. Vestnik Zashchity Rastenii. 3 (97): 10–15. doi:10.31993/2308-6459-2018-3(97)-10-15. ↩ ↩2 ↩3

  6. Rosselkhoznadzor (14 July 2023). “Borshchevik Sosnovskogo: kak borot’sya s neopravdavshim doveriya silosnym chudom”. Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2

  7. International Plant Names Index. Heracleum sosnowskyi Manden., Zametki Sist. Geogr. Rast. 12: 17 (1944); author records for Mandenova and Sosnowsky. Retrieved 26 September 2026. ↩ ↩2

  8. EPPO Global Database. “Heracleum sosnowskyi: datasheet”. Retrieved 26 September 2026. ↩

  9. Schelkunov, M. I.; Shtratnikova, V. Yu.; Klepikova, A. V.; et al. (2024). “The genome of the toxic invasive species Heracleum sosnowskyi carries an increased number of genes despite absence of recent whole-genome duplications”. The Plant Journal. 117 (2): 449–463. doi:10.1111/tpj.16500. ↩

  10. Shadrin, D.; Dalke, I.; Zakhozhiy, I.; Shilnikov, D.; Kozhin, M.; Chadin, I. (2023). “Heracleum sosnowskyi or Heracleum mantegazzianum? DNA-based identification of invasive hogweeds (Apiaceae) in two key regions of the species’ invasion history in the territory of the former Soviet Union”. Research Square (preprint). doi:10.21203/rs.3.rs-3296382/v1. ↩ ↩2 ↩3 ↩4

  11. Shadrin, D. M.; Dalke, I. V.; Zakhozhiy, I. G.; et al. (2024). “DNA barcode marker analysis of Heracleum sosnowskyi Manden. and Heracleum mantegazzianum Sommier & Levier (Apiaceae) from European Russia”. Russian Journal of Biological Invasions. 15 (3): 416–431. doi:10.1134/S2075111724700309. ↩

  12. Osipova, E. S.; Gladkov, E. A.; Tereshonok, D. V. (2026). “Heracleum sosnowskyi Manden. in the context of sustainable development: an aggressive invasive species with potential for utilisation in the extraction of furanocoumarins and essential oils”. Journal of Xenobiotics. 16 (1): 6. doi:10.3390/jox16010006. ↩ ↩2

  13. Krivosheina, M. G.; Ozerova, N. A. (2019). “Introduction of Sosnowsky’s hogweed as a cause of landscape transformation”. IOP Conference Series: Earth and Environmental Science. 350: 012013. doi:10.1088/1755-1315/350/1/012013. ↩

  14. Latvian Ministry of Environment; Ministry of Agriculture; et al. (2007). Latvānis, tā izplatības ierobežošana. Informatīvs materiāls [Hogweed and restricting its spread]. Riga. ↩ ↩2

  15. Dalke, I. V.; Chadin, I. F.; Zakhozhiy, I. G. (2018). “Control of Sosnowskyi’s hogweed (Heracleum sosnowskyi Manden.) invasion on the territory of the Russian Federation”. Russian Journal of Biological Invasions. 9 (4): 331–344. doi:10.1134/S2075111718040045. ↩ ↩2 ↩3

  16. Tkachenko, K. G. (30 September 2020). “Borshchevik Sosnovskogo: rastenie-terminator ili kul’tura budushchego”. Kommersant Nauka. 24. ↩

  17. Federal Law of the Russian Federation of 31 July 2025 No. 294-FZ “On amendments to the Land Code of the Russian Federation and certain legislative acts of the Russian Federation”. Official publication. ↩

  18. Law of Moscow Oblast of 27 August 2018 No. 139/2018-OZ. Summary: Garant.ru. Retrieved 26 September 2026. ↩

  19. Garant.ru (15 May 2025). “Fiksirovanny shtraf za nalichie na uchastke borshchevika vveli v Podmoskov’e”. Retrieved 26 September 2026. ↩

  20. Cabinet of Ministers of Latvia, Order No. 426 of 6 June 2006, “Par Latvāņu izplatības ierobežošanas programmu 2006.–2012. gadam”. Latvijas Vēstnesis 90. likumi.lv. ↩

  21. Cabinet of Ministers of Latvia, Regulation No. 559 of 14 July 2008, “Invazīvās augu sugas – Sosnovska latvāņa – izplatības ierobežošanas noteikumi”. likumi.lv. ↩

  22. Estonian Environmental Board. “Hogweeds”. Loodusveeb. Retrieved 26 September 2026. ↩

  23. Jodaugienė, D.; Marcinkevičienė, A.; Sinkevičienė, A. (2018). “Control of Heracleum sosnowskyi in Lithuania”. Julius-Kühn-Archiv. 458: 275–280. doi:10.5073/jka.2018.458.039. ↩

  24. Commission Implementing Regulation (EU) 2017/1263 of 12 July 2017 updating the list of invasive alien species of Union concern. Official Journal of the European Union L 182: 37. ↩

  25. Posner, L. (12 August 2020). “Can creativity kill the toxic plant known as Stalin’s Revenge?”. The Calvert Journal. Archived from the original. ↩ ↩2

  26. Zeic, L. (2017). Stalin’s Revenge. Artist’s page, archived. ↩

Cet article est une traduction de l’article anglais, révision 1947.

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